A l’initiative du Ministère de l’Agriculture et de la Bonification des Terres (République Arabe d’Egypte), du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (France), il a été proposé, à compter de 2008, d’établir en Egypte un « Office pour la recherche et le développement durable ».
Successeur du Fonds de Contrepartie de l’Aide Alimentaire Française, dont il hérite ses ressources initiales, l’Office se propose, d’une part, de contribuer au renforcement de la capacité de recherche agronomique et de développement durable des institutions égyptiennes pertinentes et, d’autre part, d’offrir aux établissements de recherche français la possibilité de développer leur programmes sur des thèmes de portée planétaire, au travers du renforcement des échanges scientifiques, techniques et universitaires, par la promotion de partenariats Nord-Sud, un accès privilégié à des terrains d’expérimentations particuliers et la facilitation de la mixité des équipes de recherche.
Il s’agit d’une importante évolution de l’instrument de coopération bilatérale au développement agricole, d’une coopération fondée sur l’aide (projet de développement), vers une coopération fondée sur l’échange (processus de développement).
Pertinence de cette évolution
Les besoins d’accompagnement de la recherche égyptienne (élargissement de la base de connaissance, appui logistique et méthodologique, besoins de formation des chercheurs) s’inscrivent parfaitement à la fois dans les objectifs de coopération des tutelles françaises, notamment le développement du partenariat,
- Le partenariat est, en effet, un outil privilégié pour renforcer le rôle moteur de la France en matière universitaire, technique et de recherche, pour renforcer les échanges entre les chercheurs français et leurs homologues égyptiens, renforcer l'attractivité de la France aux yeux des étudiants et des chercheurs et, plus globalement pour promouvoir la recherche française et égyptienne sur le plan international.
mais également dans les stratégies déclarées des organes principaux de la recherche agronomique française comme égyptienne qui doivent clairement s’approprier la dimension mondiale des problématiques.
- Du fait de l’évolution de la science, mais aussi de la nature des enjeux auxquels elle doit répondre, la recherche agronomique doit nécessairement prendre en compte la dimension planétaire de certaines questions, tout en apportant des réponses qui soient ciblées localement pour avoir un impact sur les situations particulières à traiter. La dimension internationale des recherches devient aujourd’hui une composante structurante de l’élaboration des stratégies scientifiques à mettre en œuvre à tous les niveaux d’organisation.
Le partenaire égyptien bénéficiaire
Le dispositif de recherche en Égypte est très ancien, notamment si on le compare à celui des autres pays de la région. Il comporte un grand nombre de structures, ce qui est un trait caractéristique de l’activité publique égyptienne. La recherche y est essentiellement publique et s’organise au sein des universités et centres de recherche autonomes. Elle est sous la tutelle de plusieurs ministères qui mènent chacun leur politique propre.
La recherche agronomique (prise dans son sens le plus large), implique principalement deux ministères : le Ministère de l’Agriculture et Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. On peut toutefois mentionner ici le Ministère de l’Irrigation et des Ressources en Eau (« Water Research Center ») et celui de l’Environnement qui peuvent développer des programmes d’expérimentation et de recherche appliquée touchant le secteur agricole ou son environnement de production.
Le Ministère de l’Agriculture et de la Bonification des Terres (Egypte) : son interface principale avec l’aide française se situe au niveau du Département des Relations Internationales du Ministère. La quasi-intégralité de l’information de coopération transite par ce département. L’instrumentation comprend essentiellement deux centres de recherches nationaux : le Centre de Recherche Agricole (ARC) et le Centre de Recherche du Désert (DRC). Certains départements du ministère et quelques organes spécialisés peuvent éventuellement développer des activités de recherche.
- Le Centre de Recherche Agricole (ARC) : est de loin la plus grande institution de recherche du pays. Elle emploie environ 3 500 scientifiques (dont environ 2 000 PhD). Elle s’organise autour de 16 instituts et 12 laboratoires centraux. En outre le centre gère 10 stations de recherches régionales, 21 stations pour les grandes cultures, 6 stations d’horticulture et 12 d’élevage.
- Le Centre de Recherche du Désert (DRC) : s’organise autour de 5 sections regroupant plusieurs départements. Il dispose également de 6 stations expérimentales : dans le Sinaï (3), côte nord-ouest (1), oasis de Siwa (1) et la zone de Shalateen (1). Au-delà d’activités de recherche, le DRC est mandaté pour assurer une veille et un suivi environnemental et de production dans les zones désertiques.
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche qui a autorité sur deux types d’institutions pertinentes :
- Facultés d’Agriculture : On compte 17 facultés d’agriculture en Egypte. Toutes sont, à des degrés divers, engagées dans des activités de recherche agricole bien que leur fonction principale relève plus largement de l’enseignement supérieur. L’essentiel des recherches entreprises le sont dans le cadre des programmes de formation. Les « partenariats » existants les plus notables existant avec des organismes français sont sur les thématiques telles que la microbiologie et la biochimie du lait et de sa transformation (INRA), le boisement, les cultures sucrières et la valorisation des déchets (CIRAD), les questions socio-économiques et de développement rural (avec IAM-M/CIHEAM) ou encore la lutte biologique (INRA, IRD).
- Le Centre National de Recherche (NRC) est le plus grand du Moyen-Orient. Il est constitué de 14 instituts de recherche consacrés aux différents secteurs de recherche en science et technologie pour servir la coopération nationale, régionale et internationale et plus de 5,400 projets. Le NRC emploie plus de 3150 scientifiques (professeurs, Ph.D., scientifiques et ingénieurs).